16 500 emplois dans le jeu vidéo au Canada

Le jeu vidéo pris au sérieux

Vous connaissez l’ALD? Il s’agit de l’Association Canadienne du Logiciel et du Divertissement (ce qui devrait donner normalement l’acronyme ACLD, mais bon). En anglais, on parle de l’ESAC, pour Entertainment Software Association of Canada (tiens, il y a le C cette fois). Pour les Français qui ont l’excellente idée de lire ce blog, oui, le bilinguisme officiel du Canada oblige toutes les institutions à traduire en anglais et en français. Et oui, on peut comparer l’ALD au Syndicat National du Jeu Vidéo. Bref, l’ALD a pondu récemment un rapport photographiant l’industrie du jeu vidéo dans l’ensemble du Canada pour l’année 2013. Ah, il est pas traduit en français lui.

J’ai déjà comparé il y a quelques semaines les industries québécoise et française du jeu vidéo, à la lumière des aides gouvernementales, alors je ne pousserai pas aussi loin la démonstration. Mais ce portrait de l’industrie vidéoludique canadienne est toujours intéressant à connaître et à mettre en perspective.

2,3 milliards d’impact

Le jeu vidéo au Canada, c’est 329 studios. La majorité sont bien sûr de petites entreprises se concentrant sur les jeux mobiles – le marché est désormais moulé ainsi. Mais le Canada abrite aussi quelques poids lourds de l’industrie, comme Ubisoft, Bioware (propriété d’EA), Warner Bros, Square Enix ou encore Gameloft, cador du jeu mobile. 12% de ces 329 sociétés ont plus de 100 employés.

Pour ce qui est de l’impact économique, le rapport fait état de 1,4 milliard de dollars direct et indirect injectés dans l’économie du pays. Ce chiffre monte à 2,3 milliards si on tient compte des impacts indirects, par exemple lorsque les travailleurs réinjectent une partie de leur salaire dans l’économie canadienne en consommant. À titre de comparaison, on avance souvent que le jeu vidéo génère un chiffre d’affaire mondial de 90 milliards. Difficile de dire si on parle exactement de la même chose (impact direct ou indirect), mais dans tous les cas, on voit que le Canada est un gros joueur. Pour un pays peuplé de seulement 35 millions d’habitants, il fait l’effet d’une bille de plomb: la modestie de sa taille démographique est largement compensée par la densité de son impact économique.

Un actif sur 1000

Mais le chiffre essentiel à mes yeux, celui qui détermine sa capacité à faire pression sur le pays: en 2013, le jeu vidéo représentait au Canada l’équivalent de 16 500 emplois directs à temps plein. Cela représente une croissance de 5% en deux ans. Les provinces championnes sont le Québec avec 8 750 jobs, la Colombie Britannique (5150) et, pas mal derrière, l’Ontario (1850). Pour une population active de pratiquement 18 millions, cela veut dire qu’en gros, un travailleur sur 1000 fabrique des jeux vidéo. Par habitant et en tenant compte du nombre d’employés, le secteur canadien du développement du jeu vidéo se classe au troisième rang mondial, derrière les USA et le Japon.

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Céline Dion n’est plus la seule explication de la célébrité du Québec.

Pour comparer, en France c’est un actif sur 4 600 qui évolue directement dans ce secteur. Bref, le jeu vidéo pèse lourd au Canada en terme d’emplois. Il représente donc un enjeu majeur dans le pays. L’industrie du jeu est donc écoutée et soutenue par un gouvernement qui a bien l’intention de la voir se développer.

Il faut dire que les travailleurs du jeu vidéo sont du genre à avoir les moyens de consommer et payer des impôts. Le portrait robot de l’employé? 31 ans, un salaire brut annuel de 72 000$. C’est une moyenne bien sûr, qui mélange tout, les seniors, les juniors, les contrats temporaires, les emplois permanents… Mais au final, tout ce petit monde dépense son salaire durement gagné. En 2012, ils auraient même dépensé 495 millions pour être exact. Autant dire que le solde est laaaaargement positif quand les gouvernements canadiens et provinciaux se demandent si leurs aides et crédits d’impôts valaient le coup.

On l’a déjà vu, la robustesse du secteur du jeu vidéo au Québec est en grande partie dûe au soutien du gouvernement québécois. Son crédit d’impôt sur les salaires de 37,5% est accordé aux entreprises depuis 1996 et a attiré les plus grands studios du monde. En Colombie Britannique, les grappes de jeu vidéo ont été parmi les premières en Amérique du Nord. Quant au secteur ontarien, il se compose principalement de micros et petites entreprises. Mais la récente politique très agressive de la province en matière de crédits d’impôt ont attirés plusieurs gros poissons, qui y ont implanté des studios de taille moyenne ou grande, comme Rockstar, Ubisoft ou Gameloft.

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