Baptiste joue à Eschalon: Book 3

C’était dur avant

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Je suis coincé.

Ça faisait un moment qu’un jeu ne m’avait pas fait ce coup-là. Je joue à Eschalon: Book 3, un jeu de rôles bien old-school sorti il y a deux semaines, dernier volet d’une trilogie lancée en  2007 par Basilik Games. Vue en fausse 3D isométrique, combats au tour-à-tour, monde constitué de grandes zones à explorer, des forêts, des montagnes, des volcans, des cavernes, des villages, des nains roux, bref, la recette classique – mais bien cuisinée, pour qui apprécie la gastronomie traditionnelle. Parmi les ingrédients: l’indispensable héros qui ignore un paquet de secrets de cet univers. Et dont il vaut mieux optimiser la progression et le choix des compétences.

Je viens juste d’apprendre cette rude leçon. Après une dizaine d’heures de jeu très plaisantes, bien équilibrées entre exploration, dialogues et combat, je suis donc fait comme un rat. Il me faut traverser un donjon, et les ennemis sont trop coriaces. Et il m’est impossible de retourner grinder dans mon coin, gagner un ou deux niveaux et revenir faire le malin. Les monstres ne réapparaissent pas dans Eschalon: Book 3. Je ne vois pas d’autres zones où emmagasiner suffisamment d’expérience pour augmenter mes compétences.

Bref, à l’heure qu’il est, les développeurs de Basilik Games se rient de moi: « hahaha! le noob, il a fait n’importe quoi avec sa feuille de personnage ». Ben ouais, quand je regarde ça, c’est clair, je me suis bien planté. J’étais parti pour jouer un rôdeur, parce que je n’aime pas l’idée d’incarner un guerrier monolithique, mais que je sentais bien qu’il faudrait affronter une kyrielle de monstres et baguenauder en forêt. Finalement, des monstres, il n’y en a pas tant que ça, et tant mieux, je n’achète pas un RPG pour jouer à un beat-them-all au tour-à-tour. Non, le problème, c’est ma feuille de perso:

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Alors que je n’arrive plus à avancer, je la regarde et un constat s’impose: je me suis complètement éparpillé. À chaque montée de niveau ou presque, j’ai choisi une nouvelle compétence que je trouvais sympathique (« oh !  »Spot hidden » ça a l’air cool » « Hé !  »Se fondre dans le noir », ça c’est la classe »).

Et ça, c’est pas old school du tout. Un bon RPG de la vieille école oblige à créer un avatar avec de vrais points forts, qui permettront de se sortir des problèmes rencontrés en chemin. Au niveau 9, avec donc potentiellement 27 points de compétence à distribuer, je n’en ai consacré que 3 au tir à l’arc? À quoi ça sert d’avoir monté ma Dextérité à 27 alors? J’ai débloqué 14 compétences différentes, dont la moitié avec un seul point dedans? Si ce n’était pas moi, je me moquerais.

On dirait une poule qui picore tout ce qu’elle trouve sans se rendre compte que la file de graines l’emmène tout droit vers l’abattoir. À ce stade du jeu, j’aurais certainement dû avoir au moins 10 points à l’arc, ou n’importe quelle arme, bref, de quoi éviter de se retrouver coincé devant une meute de chiens énervés. Les compétences de voleur, genre se cacher dans le noir, c’est bien joli, mais elles ne servent à rien – surtout à un niveau si faible.

Le pire, c’est que je le sais très bien. J’avais pris soin de respecter ce principe dans le deuxième volet d’Eschalon, où mon mage hyper spécialisé s’était promené du début à la fin – une manière de dire «Bravo Baptiste, tu as été malin, tu as su faire des choix, alors tu verras la fin du jeu». Là, j’ai fait comme si je jouais à Fallout 3, ou un autre de ces RPG qui permettent de tout essayer, de n’être bon nulle part, et de s’en sortir malgré tout. Ici, on ne devient pas un spécialiste de la médecine en enfilant simplement la Super Blouse du Docteur Piqouzetm. Dans Eschalon, il faut faire des choix, se spécialiser et faire une croix sur d’autres possibilités de gameplay tentantes comme des sirènes mais qui finiront par couler la partie.

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Tout ça pour dire qu’il ne me reste qu’une seule alternative: repartir à zéro. Perdre les 10 heures de jeu et tout recommencer, l’effet de surprise en moins. Il y a 20 ans, ça n’aurait choqué personne. Aujourd’hui, c’est surprenant. D’une part, les jeux ne sont plus pensés comme ça. Mais surtout, on ne joue plus dans les mêmes conditions. Fini l’époque où les nouveaux titres s’ajoutaient à la bibliothèque au compte-goutte, et où l’on consacrait toute notre attention dessus. Désormais, j’ai aussi Assassin’s Creed 4 à terminer, une partie de Civilization 4 qui me tente régulièrement, Starbound

Pis je vais faire mon papy: en prenant de l`âge, on a moins de temps libre. Alors on est moins disposer à le perdre. Je suis flatté qu’Eschalon: book 3 me challenge, et quelque part, c’est ce que j’attends d’un jeu, qu’il ne me prenne pas pour un idiot. Mais je ne suis pas sûr de vouloir le payer au prix de 10 heures de déjà-vu. Je vieillis… ou je suis un idiot.

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