Jouer avec un enfant autiste (2)

Kinect comme outil thérapeutique ?

Apprendre par le jeu, c’est l’un des mantras de l’éducation. C’est évident dit comme cela, mais la mise peut être particulièrement difficile quand on a affaire à des cas d’autisme, qui concernent environ un enfant sur 100 en occident, et même 1 garçon sur 54. En Virginie, l’école élémentaire Steuart W. Weller d’Ashburn, à quelque 50 km au nord-ouest de Washington, est l’une des écoles ou centres spécialisés des États-Unis qui teste le Kinect de la Xbox 360.

Le système, lancé par Microsoft en 2010, permet de jouer en utilisant son propre corps grâce à un détecteur de mouvements. Un reportage de l’AFP décrit l’accueil enthousiaste des jeunes Sawyer et Michael, 10 ans. Devant leur écran de télévision, Sawyer Whitely et Michael Mendoza, côte à côte, sautent, se penchent ou se baissent, des gestes que reproduisent leurs avatars lancés dans un canot virtuel sur une rivière bouillonnante. Une fois le jeu sur l’écran terminé, ils se congratulent, se frappent mutuellement la paume de la main. Ça n’a l’air de rien, mais que ces deux jeunes autistes se touchent n’était, il y a peu, pas si fréquent.

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« Faire ce geste, se féliciter l’un l’autre, c’est quelque chose qu’on ne voyait pas souvent », dit à l’AFP Anne-Marie Skeen, leur institutrice spécialisée. « Sawyer, maintenant, l’utilise régulièrement avec nous. Il sait que c’est une façon de dire « bon boulot! » ».

Kinect a bien sûr été conçu avant tout pour attirer les joueurs casual et un public peu habitué aux manettes farcies de boutons. Mais il semble désormais, selon certains experts, une piste intéressante pour aider les jeunes souffrant de ces troubles du développement. En particulier pour travailler leur communication déficiente. « Les amener à se parler, à donner des instructions à un camarade, à suivre les instructions d’un autre », détaille Lynn Keenan, enseignante et formatrice spécialisée. Et « nous avons eu des résultats impressionnants », ajoute-t-elle, « parce qu’ils ont vraiment envie d’y jouer ».

Un outil, pas une solution miracle

Dan Stachelski, dirige le Centre Lakeside pour l’autisme pour l’autisme à Issaquah (État de Washington). C’est ce centre qu’on voit dans la vidéo au dessus de ce texte. Stachelski constate lui aussi que le plaisir du jeu ouvre des portes. « Ils sont tellement motivés par le jeu qu’ils s’impliquent plus facilement, prennent des initiatives, et c’est ce qu’on veut les voir faire », dit-il. Avec le jeu Happy Action Theater par exemple, qui demande de lancer des balles ou de frapper des pierres, l’enfant, via son avatar, « communique avec l’environnement sur l’écran ». Plusieurs enfants peuvent aussi jouer en même temps « et pour ces enfants qui ont des difficultés à partager le même espace, qu’ils le fassent est la première étape de ce que vous voulez les voir réussir », dit-il.

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Effectivement, « de nombreuses familles sont en train de tester le potentiel » du Kinect, ajoute Andy Shih, vice-président scientifique de l’association des familles Autism Speaks. Les résultats « semblent encourageants », dit-il, « mais nous manquons de données scientifiques, on n’en est qu’aux tout débuts ». La « population (autiste) est tellement diverse », ajoute-t-il, « il y a des enfants qui parlent, d’autres qui ne parlent pas, certains ont des problèmes moteur, d’autres pas. Un seul outil ne peut pas être la solution miracle qui marchera pour tout le monde », ajoute Andy Shih.

Il ne s’agit donc pas d’un traitement mais d’un « outil qui facilite l’apprentissage », insiste M. Stachelski.

Interface directe

J’avais déjà évoqué le jeu vidéo comme outil thérapeutique en me basant sur ma propre expérience avec mon fils autiste de 5 ans. Chez moi, cela se passait avec une tablette. Sans être scientifique pour un sou, je constatais que mon fils manifestait dans son expérience vidéoludique des émotions et des sensations qu’il avait du mal à reproduire dans la vie de tous les jours: persévérance, plaisir de réussir, coordination, précision… Avec, pour seule motivation, un intérêt prononcé pour le jeu vidéo.

Les expériences des écoles décrites par l’AFP semblent indiquer que le jeu vidéo peut également servir d’outil pour développer la communication, un problème ô combien fondamental pour les autistes. Surtout dans le cadre du jeu à plusieurs. Cela colle bien, là encore, avec ce qui se passe chez moi. Que ce soit sur Pitfall ou Rayman Jungle Run, mon garçon, bien qu’il soit capable de jouer (et gagner) seul, réclame l’entraide, le jeu à deux. On partage les tâches, et il en profite pour commenter ce qui se passe à l’écran.

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Dans tous les cas, je ne suis pas surpris de voir des enfants autistes répondre favorablement à une interface directe. Les autistes sont très visuels et terre-à-terre. Cela ne m’étonne pas qu’ils s’emparent aisément d’un mode de contrôle aussi concret, avec le doigt pour la tablette, ou l’ensemble du corps pour le Kinect.

J’ai déjà essayé d’initier mon p’tit gars aux joies de la souris sur PC, mais on dirait qu’il ne comprend pas. Un engin qui contrôle une flèche à l’écran, engin doté d’un bouton sur lequel il faut appuyer pour valider ce que montre la flèche, c’est trop abstrait. Alors qu’avec un joypad, les sticks, boutons et autres gâchettes sont autant d’obstacles entre l’écran et l’autiste.

SOURCE: AFP

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2 réflexions sur “Jouer avec un enfant autiste (2)

  1. As-tu déjà envisagé, vu que le support tactile semble attirer ton fiston, de tenter à moyen terme de passer sur un support tactile à boutons (Wii U… ou à la rigueur 3DS ou Vita) ?

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