Un crédit d’impôt pour le jeu vidéo britannique

La Reine n’y est pour rien, par contre

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La guerre des crédits d’impôt continue au royaume du jeu vidéo. Alors qu’on n’y croyait plus, c’est au tour du Royaume Uni de s’armer: la Commission Européenne y a validé cette semaine un dispositif équivalent au Crédit d’Impôt Jeu Vidéo français. La « Tax Relief System for Video Game Producers » permettra aux studios de développement d’obtenir en retours d’impôts jusqu’à 25% des coûts de développement.

Concrètement, c’est un cadeau de 188 millions de livres pour le secteur, soit 312 M $ (227 M €), si l’ensemble des critères sont respectés. Le crédit d’impôt sera en effet progressif et calculé en fonction de plusieurs facteurs: développer le jeu dans le pays ou ailleurs en Europe, d’employer des Britanniques, de représenter des personnages britanniques… On estime que la mesure va permettre de sauvegarder quelque 4 600 emplois.

C’est un soulagement pour l’industrie anglaise, quand on sait que la Commission Européenne avait refusé cette mesure en 2012. Elle a cependant investigué sur la pertinence de ce crédit, avant de finalement faire volte-face, poussée aussi par des lobbyistes comme TIGA (The Independent Games Developers Association).

Le Royaume-Uni a connu un âge d’or avec des sociétés comme Psygnosis (Shadow of the Beast, Lemmings, Dungeon Master), Rare (Donkey Kong sur Super Nes, Goldeneye sur N64…) ou Core Design (papa de Tomb Raider). Ces trois fleurons ont fait les beaux jours des gamers dans les années 90. Ils ont depuis soit fermé boutique, à l’exception de Rare, racheté par Microsoft en 2003 et qui n’a plus le même impact.

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N’oubliez jamais que vos crises de nerf sur Lemmings, vous les devez aux Britanniques.

Le SNJV demande des mesures à échelle européenne

En France, le Syndicat National du Jeu Vidéo (SNJV) s’est également réjoui de la nouvelle. Le SNJV a beaucoup travaillé pour mettre en place le Crédit d’Impôt Jeu Vidéo dans l’Hexagone. Il appelle même à la création d’un dispositif sur l’ensemble de l’Union Européenne, afin de lutter contre la concurrence mondiale.

« A l’heure où la France s’apprête à notifier devant la Commission Européenne les récentes modifications proposées par le parlement français au Crédit d’Impôt Jeu Vidéo, l’adoption du dispositif britannique rendra plus fortes les entreprises européennes » souligne Nicolas Gaume, président du SNJV. « Nous évoluons dans un contexte dominé par une très forte concurrence internationale d’un grand nombre de pays tels que le Canada, Singapour, l’Australie ainsi qu’un certain nombre d’états des États-Unis d’Amérique, qui ont depuis longtemps compris que le jeu vidéo était la véritable pierre angulaire du développement de l’économie culturelle et numérique, une des véritables richesses du XXIème siècle ».

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Y’a pas moyen de faire renaître Psygnosis de ses cendres avec ça?

Le Québec reste le plus généreux

J’avais déjà écrit un article comparant les situations fiscales des industries du jeu vidéo en France et au Québec. Les Britanniques se mis sensiblement au même niveau que la France, où le Crédit d’impôt Jeu Vidéo peut représenter jusqu’à 20% des dépenses de production. On rappellera que ses conditions d’attribution ont été assouplies et reconduites jusqu’en 2017. Il existe aussi en France un Fonds d’aide au jeu vidéo (FAJV), dirigé par le Centre national du cinéma et de l’image animée, dont l’enveloppe tourne entre 3 et 4 millions d’euros par an.

Le Québec est souvent cité comme étant le modèle le plus généreux pour les entreprises vidéo-ludiques. Le crédit d’impôt de la province canadienne permet d’absorber jusqu’à 37,5% des salaires (30%, plus 7,5% si le jeu est traduit en français). En 2011, cela représentait un cadeau de 113 M $ canadiens, largement compensé par 125 M $ retournés dans les caisses de l’État en impôts et taxes diverses sur les emplois ainsi créés. Le Québec distribue également régulièrement des subventions pour accompagner des projets d’envergure. Au Canada, en plus de la politique fiscale de leur propre province, les entreprises du secteur peuvent également bénéficier de crédits d’impôt à échelle fédérale.

Les États-Unis, l’Australie ou encore Singapour font également figure de destinations attractives pour les éditeurs et développeurs.

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