Baptiste joue à BETRAYER

Au temps maudit des colonies

SONY DSC

J’ai du mal à me faire un avis sur Betrayer. D’un côté, le jeu de Blackpowder Games, une équipe formée des anciens développeurs à l’origine de F.E.A.R., a de quoi séduire. Son gameplay FPS survival, où les munitions sont comptées et ou le moindre affrontement peut être fatal, donne du fil à retordre. Son ambiance ésotérique originale est campée dans une colonie américaine au début du XVIIe siècle, une période de chocs culturels peu exploitée dans les jeux vidéo. Et son parti pris visuel est assez osé, avec son noir et blanc qui compense largement l’âge de l’Unreal Engine 3 (même s’il est possible d’y mettre de la couleur).

À vrai dire, j’aime bien Betrayer. Un challenge solide et un univers intriguant, il ne m’en faut pas plus pour lancer un jeu. Et question challenge, c’est loin d’être insurmontable mais ça se pose là. Quand on débute avec un arc et un carquois de 16 flèches, on approche les combats de manière prudente. Obtenir un vieux fusil et un pistolet d’époque, qu’il faut recharger après chaque coup, ne rend pas plus téméraire, surtout face à des adversaires capables de nous faire tomber en deux coups. Alors on se faufile au milieu des feuillages, on profite du vent pour s’approcher discrètement, on bande son arc et on vise dans le dos… tout ça pour se rendre compte que l’armure du soldat-zombie a fait dévier la flèche, que ledit soldat grogne comme un ours et qu’il en a après vous.

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Restez planqué.

Je prends du plaisir sur Betrayer, mais je ne parviens pas à véritablement me plonger dedans. Mes parties dépassent rarement l’heure. On a du mal à véritablement rentrer dans le jeu. C’est bien sûr volontairement que les développeurs proposent une exploration très solitaire de cette petite terre de Virginie, dont la poignée de colons a totalement disparu. À nous de comprendre ce qui s’est passé et d’enquêter sur ces morts mystérieuses, au cœur d’un territoire hanté tant par la présence des Espagnols que celle des autochtones.

RedMaiden

Y’a elle aussi.

Cependant, la solitude (malgré l’intervention de quelques PNJ) est mal desservie par un univers qui manque de vie. L’enquête a certes le goût de la liberté: on peut chercher les indices éparpillés sur le territoire comme bon nous semble. Mais au final, la capacité à « entendre » les indices finit par guider nos pas. Et si on se sert de cette habileté, c’est parce qu’on n’a pas grand chose d’autre à faire. On est bien dans un jeu d’exploration, mais en dehors des indices et de quelques coffres, pas grand chose à se mettre sous la dent. Il y a bien quelques campements ici et là à conquérir pour faire office de check point. Mais pas de quoi se sentir galvanisé par le défi.

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C’est un univers qui se dévoile à doses homéopathiques, au point que même l’ambiance à du mal à décoller. Je ne demandais qu’à accrocher à cette colonie anglaise, située au cœur de ma période préférée de l’Histoire. Mais trop souvent, on se dit que si l’on était ailleurs, cela ne changerait pas grand-chose, à part quelques skins. De plus, passé la première heure de découverte, le jeu peine à faire peur, alors que cela semble pourtant sa finalité. Là encore, l’univers et le scénario a un gros potentiel: avec peu de jeux se situant dans l’Amérique coloniale, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Les rencontres avec les Amérindiens, soldats espagnols, fantômes et autres zombies provoquent leur petit effet. Et la capacité d’explorer le négatif de ce monde, avec tout ce qu’il comporte de magie noire et de malédictions, est une bonne idée, tant sur le plan de l’exploration que de l’ambiance. Mais le jeu se renouvelle lentement, trop pour éviter un sentiment de répétitivité: dans les décors, les ennemis, les objectifs.

TheDead

Ah, le monde des esprits, ses habitants pittoresques…

Betrayer mérite d’être essayé pour l’originalité de son univers, son rythme plus lent que la moyenne qui change agréablement et le défi qu’il propose. À 20$, c’est déjà beaucoup de qualités. Cependant, mieux vaut avoir un coup de cœur dès le départ, parce que le titre manque un peu de richesse pour tenir sur la longueur. Personnellement, j’étais conquis d’avance par le pitch de départ, et pourtant je reste régulièrement sur ma faim. Celui qui est de marbre dès le départ ne changera certainement pas d’avis.

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Aperçu d’un même décor en noir et blanc et en couleur.

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